Le Manoir

120 années d’existence…

En 1894, le comte Arthur Janvier de La Motte, issu d’une famille de nobles bretons remarqués dans la magistrature et les hautes fonctions publiques et politiques, décide de bâtir sa demeure sur le site de Kerlut en Plobannalec. La construction se termine en 1898 et coute 60 000 francs or. Elle fait suite à un édifice du XVII ème siècle, appartenant à Jean-Marie Geslin, seigneur de Penanrun, enseigne de vaisseau du Roi. Le nom de ce manoir “Kerulut qui se disait sur un air de flûte” est devenu par contraction “Kerlut”.

Les héritiers du comte Janvier de la Motte vendent à un Irlandais, Monsieur Martin, en 1938. Ce personnage excentrique venu se réfugier à Plobannalec, s’avère être en fait un trafiquant d’armes pour l’I.R.A. Durant la Seconde Guerre Mondiale, le Manoir est une zone “neutre”. On découvre que Monsieur Martin est un privilégié pendant cette période d’occupation : les allemands lui laissent sa voiture et l’essence à volonté par exemple. Il aura par contre quelques soucis à la libération et devra se justifier de ses relations avec les nazis. C’est en 1956 qu’il est obligé de vendre précipitamment le domaine suite à la découverte de son activité illégale par les renseignements généraux français.

Le Manoir est alors acheté par Monsieur Draoulec, commerçant de Lesconil, qui le transforme en hôtel-restaurant. Ainsi, par le biais de bals et de mariages organisés, la population locale découvre avec bonheur ce lieu majestueux. Sans héritier intéressé par son affaire, il vend le domaine au comité d’entreprise de Renault Billancourt qui décide d’y accueillir ses colonies de vacances en créant un camping.

Malheureusement, en quelques années, le Manoir est détérioré, saccagé et pillé: les cheminées sont descellées, les chambres taguées, l’autel arraché… Et pour couronner le tout, en 1987, à la suite d’un ouragan, le jardin centenaire est à son tour dévasté. Il ne reste alors plus que les friches des arbres centenaires et de gigantesques ronces qui envahissent les lieux…

En 1989, le CE Renault vend alors un domaine ravagé qui n’a plus ni l’admiration ni la ferveur d’Antan